AUTO DES VILLES ET SANS AUTO, PORTRAIT D’UNE AUTOMOBILISTE ÉCOLOGISTE
Lola , étudiante de 22 ans, nous décrit son quotidien d’automobiliste malgré elle dans la ville écologiste de Grenoble. À l’heure de la transition écologique, la voiture est-elle encore indispensable ?
Lola, étudiante engagée dans des démarches écologiques, à l’image de sa formation en master transition écologique se déplace le plus souvent en vélo. “Le matin c’est vélo et à Grenoble tout le monde a un vélo”. Lola est aussi une grande amatrice de la nature et passe le plus clair de son temps dans les montagnes alentour à skier, randonner ou pratiquer sa passion pour le vélo de route. Elle m’explique alors, au cours de notre entretien, que pour se rendre dans les montagnes il existe assez peu de transports en communs et qu’il faut parfois attendre plusieurs heures pour voir passer les cars de transport qui s'aventurent dans les coins calmes de l’Isère. Pour pallier le problème, les parents de Lola lui ont proposé de lui offrir une voiture qui lui aurait permis de se rendre plus vite et surtout plus librement dans toute la région. L’étudiante refuse fermement, “c’est pas dans mes idées que d'utiliser une voiture, (...) ça pollue”. N’ayant pas les moyens d’investir dans l’électrique, Lola se contente pendant près d’un an de se déplacer en covoiturage, là non plus pas autonome ou en autostop avec toujours une incertitude dans la possibilité d’arriver à son objectif. “Le plus compliqué c’est le dimanche, il n’y a presque pas de bus et les gens restent chez eux” compliquant le covoiturage. C’est pourtant le weekend que Lola et son groupe d’amis amateur d’activités de plein air ont le plus de temps, ils sont pourtant souvent contraints de se résigner à rester enfermés à la maison faute de transport.
Lors de sa deuxième année passée dans la ville des alpes, Lola apprend par ses amis, l’existence de Citiz, un système de location de voitures, abordable et pratique. Un réseau de location de tous types de véhicules allant de la citadine au minibus et installé dans toute la France. Les véhicules sont en libre service, au centre-ville et toutes les démarches sont à effectuer via l’application. Ce qui est pratique pour Lola c’est surtout qu’il n’y a pas besoin de se déplacer pour utiliser le véhicule et qu’il suffit de le garer à l’endroit de l’emprunt pour le rendre. Avec ce système, l'étudiante grenobloise peut grimper les montagnes facilement et librement tout en gardant neutre son impact sur la planète. “Ce que j’ai aimé au début, c’était les voitures électriques : c’est pas très cher dès qu’on loue une voiture à plusieurs”, confie-t-elle ravie de la trouvaille. Maintenant, elle fait la promotion de l’application à tous ses amis.
La combinaison des engagements avec la nécessité de se déplacer est encore une difficulté pour certains lorsqu’on prend en compte la situation géographique des usagers. Pour Lola, ayant toujours vécu en région parisienne, la problématique des transports ne s’est jamais posée sérieusement mais, lorsqu’elle a ressenti le besoin de se rendre dans les campagnes Iséroises elle a pris conscience de cette difficulté. Au sujet de son futur, Lola me confie vouloir s’installer loin des villes après ses études, elle soulève la question de la faisabilité de ce projet toujours en lien avec son engagement écologique : “Je ne veux vraiment pas d’une voiture essence, là (en ville) je peux m’en passer mais s’il n’y a pas de gare à côté (...) je serai obligé d’y penser”. Pour Lola, vivre sans voiture reste un défi à l’heure où écologie rime avec ruralité. L’étudiante de 22 ans a vécu toute sa vie sans ressentir ce besoin et c’est lorsqu’elle s’intéresse particulièrement aux questions environnementales qu’elle en découvre la nécessité.
La voiture, c’est aussi un sujet de dépenses supplémentaire qui pourrait freiner les citadins d’avoir accès aux activités de montagnes. Le coût à l’achat mais aussi le prix élevé du carburant reste un facteur freinant les plus précaires et en particulier les étudiants. Il y a ceux qui peuvent se permettre de se passer de l’automobile et ceux qui ne peuvent pas ; la transition écologique passe aussi par le choix laissé aux propriétaires de véhicules polluants. Pour Lola, s’offrir un véhicule pour garantir sa liberté de déplacement reste possible mais elle, comme beaucoup, n’ont pas les moyens d’investir dans un véhicule hybride ou 100% électrique, laissant encore le problème de la pollution de l’air et du réchauffement de la planète en retrait du fait de l’infaisabilité des choses.